Le taux plein s’obtient par deux voies : atteindre l’âge légal avec la durée d’assurance requise, ou atteindre l’âge d’annulation de la décote. La durée exigée se compte en trimestres et varie de 167 à 172 trimestres (soit jusqu’à 43 ans) selon le tableau de Service-public.gouv.fr au 1er janvier 2026, dans sa version dite « avant suspension ». La hausse de cette durée est suspendue pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026. Le nombre exact dépend de l’année de naissance.

Combien de trimestres faut-il pour le taux plein ?

Le taux plein désigne le montant de pension calculé sans minoration. Il s’obtient selon deux voies alternatives, détaillées ci-dessous.

Ce qu’est un trimestre validé

Un trimestre est une unité de mesure de la carrière. Il est validé lorsqu’il est acquis au titre d’une période d’activité ou d’une période reconnue par un régime de retraite. La durée d’assurance correspond au total des trimestres validés, tous régimes confondus : les trimestres acquis dans les différents régimes sont additionnés pour atteindre la durée requise.

Les deux voies vers le taux plein

VoieCondition à remplirRésultat
Âge légal et duréeAvoir atteint l’âge légal et la durée d’assurance requise, tous régimes confondusPension à taux plein
Âge d’annulation de la décoteAvoir atteint l’âge d’annulation de la décotePension à taux plein

Ces deux voies sont alternatives : une personne qui n’a pas la durée requise peut néanmoins obtenir le taux plein si elle atteint l’âge d’annulation de la décote.

Le lien entre durée d’assurance et montant

La durée d’assurance détermine si la pension est versée au taux plein ou minorée. Lorsque la durée acquise est inférieure à la durée requise et que le départ intervient avant l’âge d’annulation de la décote, la pension subit une décote. Plus la durée manquante est importante, plus la minoration est forte. Le nombre de trimestres à réunir se vérifie donc avant la date de départ envisagée, car chaque trimestre supplémentaire peut réduire la décote appliquée.

Combien de trimestres faut-il pour le taux plein ?

Nombre de trimestres selon l’année de naissance

Le nombre de trimestres exigé pour une retraite à taux plein dépend de l’année de naissance. Le tableau de référence de Service-public.gouv.fr (DILA), daté du 1er janvier 2026, attribue une valeur à chaque tranche de génération. Ces valeurs correspondent à la version dite « avant suspension » : elles ne tiennent pas compte de la suspension de la hausse de la durée exigée, dont les effets sur les pensions sont traités à part.

Année de naissanceTrimestres requis pour le taux plein
1958 à 1960167
Janvier à août 1961168
1966 et après172 (soit 43 ans)

Lecture du tableau : la génération 1958-1960 sert de repère. La tranche janvier-août 1961 exige un trimestre de plus (168 − 167 = 1). Les personnes nées en 1966 ou après doivent valider 5 trimestres de plus que la génération 1958-1960 (172 − 167 = 5). La valeur de 172 trimestres équivaut à 43 ans, car un an compte quatre trimestres (172 ÷ 4 = 43).

Méthode pour identifier sa tranche :

  1. Relever la date de naissance exacte, et non seulement l’année.
  2. Repérer la ligne du tableau correspondante.
  3. Lire la valeur de trimestres requise pour cette tranche.
  4. Comparer cette valeur avec les trimestres déjà validés, qui figurent sur le relevé de carrière.

Le tableau reproduit ici ne couvre pas toutes les années de naissance intermédiaires, notamment les personnes nées entre septembre 1961 et 1965. Pour ces générations, la valeur doit être vérifiée directement dans la version à jour du tableau officiel avant toute estimation.

Ce que change la suspension de la réforme

La hausse de la durée d’assurance exigée pour le taux plein est suspendue pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (Service des retraites de l’État, 2026). Cette suspension ne s’applique pas uniformément. Pour certaines personnes nées en 1964 et 1965 relevant de la catégorie sédentaire de la fonction publique, l’exigence retombe à 170 trimestres.

ÉlémentCe que prévoit la source
Date d’effetPensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026
Générations concernéesCertaines personnes nées en 1964 et 1965
Catégorie concernéeCatégorie sédentaire de la fonction publique
Durée exigée pour ces générations170 trimestres

Lecture pratique de ces critères :

  • Champ limité : toutes les personnes nées en 1964 et 1965 ne sont pas concernées. Le critère déterminant est l’appartenance à la catégorie sédentaire de la fonction publique. Une personne relevant d’une autre catégorie ne bénéficie pas de ce retour à 170 trimestres, selon les informations disponibles.
  • Effet de date : la suspension vise les pensions dont la date d’effet est fixée à partir du 1er septembre 2026. Une pension prenant effet avant cette date n’entre pas dans ce mécanisme.

Pour vérifier sa situation, la méthode consiste à rapprocher trois informations : son année de naissance, sa catégorie d’emploi (sédentaire ou active dans la fonction publique) et la date d’effet envisagée de la pension. Ces trois éléments déterminent si la durée de 170 trimestres s’applique, et les publications du Service des retraites de l’État constituent la référence pour confirmer chacun d’eux.

Taux plein à 67 ans sans condition de durée

À 67 ans, la pension est à taux plein quel que soit le nombre de trimestres cotisés. Aucune décote n’est appliquée dans ce cas, même si la durée d’assurance est inférieure à la durée requise pour la génération concernée. Cette règle vaut à partir de 67 ans : un départ plus tôt obéit à d’autres conditions (âge légal et durée requise).

Situation au moment du départConséquence sur la pension
67 ans ou plus, quelle que soit la durée cotiséeTaux plein, sans décote
Avant 67 ans, âge légal et durée requise atteintsTaux plein
Avant 67 ans, durée requise non atteinteDécote appliquée

La décote est une réduction de la pension qui s’applique lorsque le départ intervient avant l’âge d’annulation de la décote (67 ans) sans la durée requise. Elle se calcule par trimestre manquant : plus l’écart avec la durée requise est important, plus la réduction est forte. Le montant par trimestre ne figure pas dans les sources retenues ici et doit être vérifié auprès de son régime.

Méthode pour vérifier sa situation :

  1. Calculer la date à laquelle on atteint 67 ans à partir de sa date de naissance, et vérifier aussi la date d’atteinte de l’âge légal.
  2. Comparer cette date à la date de départ envisagée.
  3. Si le départ est antérieur, relever la durée d’assurance sur son relevé de carrière et mesurer l’écart avec la durée requise pour sa génération.
  4. Demander à son régime le montant de la décote par trimestre manquant, puis le multiplier par cet écart.

Taux plein à 67 ans sans condition de durée

Quels trimestres sont comptés ?

Pour une retraite à taux plein, la durée d’assurance se compose de deux types de trimestres : les trimestres cotisés issus d’une activité, et les trimestres assimilés attribués pendant certaines périodes sans activité professionnelle. Les deux s’additionnent, tous régimes confondus, pour atteindre la durée requise.

Trimestres cotisés

Ce sont les trimestres acquis par l’activité professionnelle :

  • travail salarié ;
  • revenus d’activité déclarés, qui donnent lieu à des cotisations.

Ces trimestres se constituent au fil de la carrière. Ils ne dépendent pas d’une démarche particulière : ils figurent sur le relevé de carrière dès lors que l’activité a été déclarée.

Périodes assimilées

Certaines périodes non travaillées ouvrent droit à des trimestres assimilés. Les situations prévues par la règle sont les suivantes :

  • chômage, lorsqu’il est indemnisé ;
  • maladie, lorsqu’elle donne lieu à indemnisation ;
  • maternité ;
  • invalidité.

Ces trimestres ne résultent pas de cotisations versées par l’assuré. Leur attribution dépend de la nature de la période et de la situation de chacun, et se vérifie sur le relevé de carrière.

Plafond annuel

Une année civile ne peut pas rapporter plus d’un nombre défini de trimestres, même si plusieurs situations se cumulent (activité et période assimilée sur les mêmes mois, par exemple). Ce plafond est une règle de calcul distincte de la durée requise : il limite le décompte annuel, sans modifier le total exigé pour le taux plein.

Le nombre exact de trimestres retenu par année est à vérifier sur Service-public.gouv.fr (DILA, version du 1er janvier 2026), qui détaille les règles de décompte.

Comment vérifier son relevé de carrière ?

Le relevé de carrière récapitule les périodes d’activité et les trimestres enregistrés au nom d’un assuré. Le consulter avant de demander la liquidation de sa retraite permet de repérer une erreur à temps. Il se consulte depuis le compte en ligne info-retraite, qui regroupe les informations de plusieurs régimes. Une période absente d’un régime peut donc apparaître correctement dans un autre, d’où l’intérêt de contrôler l’ensemble du relevé.

Accéder au relevé en ligne

  • Se connecter au compte en ligne info-retraite avec ses identifiants personnels.
  • Ouvrir la rubrique dédiée au relevé de carrière.
  • Parcourir le relevé année par année, en notant les périodes enregistrées et les trimestres attribués à chacune.

Repérer les périodes manquantes

La méthode consiste à reprendre chronologiquement sa vie professionnelle, depuis le premier emploi, et à la comparer ligne à ligne avec le relevé. Les périodes à contrôler en priorité sont les emplois salariés, les périodes de chômage indemnisé, les arrêts de travail et les périodes d’études ou de service national.

Anomalie observéeÉlément à vérifier
Période d’emploi absente du relevéPrésence d’un bulletin de paie ou d’un certificat de travail couvrant cette période
Trimestres inférieurs à la durée réelleDates de début et de fin figurant sur les bulletins de paie
Période rattachée à un mauvais régimeNom de l’employeur et régime d’affiliation indiqués sur les bulletins

Une anomalie ne signifie pas forcément une erreur de l’organisme : elle peut venir d’une déclaration d’employeur incomplète ou d’un changement de régime non enregistré.

Demander une correction

La démarche passe par un signalement auprès de la caisse de retraite concernée par la période contestée, accompagné des justificatifs correspondants. Le courrier ou le formulaire doit indiquer précisément la période en cause, les dates exactes et l’employeur. Aucun délai de traitement standard n’est fixé dans les sources retenues pour cet article ; il faut donc se renseigner directement auprès de la caisse pour connaître les délais en vigueur.

Questions fréquentes

Combien de trimestres faut-il pour une retraite sans décote selon mon année de naissance ?

Le nombre varie selon l’année de naissance : 167 trimestres pour les personnes nées de 1958 à 1960, 168 pour celles nées de janvier à août 1961, et 172 trimestres (43 ans) pour celles nées en 1966 ou après. Ces valeurs correspondent à la version dite « avant suspension » du tableau, et la hausse de la durée exigée est suspendue pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026.

Que se passe-t-il si je n’ai pas assez de trimestres à l’âge de mon départ ?

Votre pension est alors minorée par une décote, sauf si vous atteignez l’âge d’annulation de la décote, fixé à 67 ans. À cet âge, la retraite est calculée au taux plein quel que soit le nombre de trimestres acquis.

Les trimestres acquis dans plusieurs régimes peuvent-ils être additionnés ?

Oui, la durée d’assurance se calcule en additionnant les trimestres de tous les régimes où vous avez cotisé. Certaines personnes nées en 1964 et 1965, relevant de la catégorie sédentaire de la fonction publique, peuvent voir leur exigence ramenée à 170 trimestres, mais toutes les personnes de ces générations ne sont pas concernées.

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